Comme beaucoup de métropoles africaines, Dakar est en proie à une urbanisation galopante pas toujours maîtrisée. La pression immobilière qui en est le corollaire concourt au rétrécissement des terres arables urbaines et périurbaines.
La campagne devient de plus en plus lointaine.
Les longues distances parcourues par les fruits et légumes avant de parvenir aux populations urbaines s'allongent de plus en plus. Leur qualité s'en trouve amoindrie, leur origine douteuse. La chaîne de valeur agroalimentaire n'est pas maîtrisée. La qualité de l'alimentation et la santé des populations en pâtissent.

Les taux de prévalence des maladies métaboliques et de tous types de cancers augmentent d’année en année. La corrélation positive entre cette augmentation et le mode de vie (notamment l' alimentation « contaminée ») est prouvée. A ce titre l’urgence de produits sains, de surcroît traçables, est prégnante.
Tous ces défis majeurs ont inspiré notre projet d’une agriculture urbaine locale à haute valeur environnementale (saine, moderne, rentable et nécessitant peu d’espace) avec des produits frais, plus durables et dont l’origine est bien identifiée.



Absence d’une agriculture urbaine raisonnée et durable

Au Sénégal près de 45% de la population vit en zone urbaine. Les centres urbains suffoquent et n’offrent plus d’espace agricole de proximité. Des initiatives de maraîchage « non raisonné » se sont déjà développées à la périphérie immédiate des villes. Il s’en est suivi des problèmes environnementaux (pollutions aux engrais, aux pesticides et aux herbicides des eaux et de l’air, surexploitation des nappes phréatiques, utilisation d’eaux usées rendant la qualité des productions douteuse). Le besoin d’économie d’eau et d’une alimentation saine en sont devenus cruciaux. D’où l’idée de développer une agriculture locale saine, moderne, rentable et nécessitant peu d’espace. L’atout de la proximité géographique de cette agriculture réside dans l’approvisionnement en légumes et fruits frais (sans pesticides) vite périssables, tandis que les zones rurales (de plus en plus éloignées) fournissent l’essentiel des produits vivriers qui peuvent se conserver comme le riz, les oignons et autres légumes à racines.



Exode rural et pression immobilière

Confrontés aux difficultés du monde rural et attirés par les modèles de consommation occidentaux, les jeunes ruraux ont également été poussés vers les centres urbains provoquant ainsi une perte de main-d’œuvre familiale qui faisait l’une des forces de la petite agriculture. Les corollaires de cet exode rural sont entre autres, surpopulation, chômage des jeunes (qui ne se voient guère reprendre les terres agricoles des parents), baisse de la production maraîchère rurale et périurbaine, pression et spéculation immobilières dans les centres urbains. Ces derniers suffoquent à cause du béton et n’offrent plus d’espace agricole. Cet exode rural ajouté aux nouvelles technologies de la communication et de l’information et des idées et opinions planétaires qui en découlent ont eu des répercussions à tous les niveaux de socialisation notamment chez les jeunes ruraux qui développent un besoin incompressible d’exode vers les centres urbains.



Malnutrition et conséquences

Véritable problème de santé publique, les sénégalais sont en train de payer un lourd tribut aux maladies liées au métabolisme en général, au diabète en particulier. Cette maladie très corrélée au mode de vie en général, à l’alimentation en particulier est la porte ouverte à différentes complications dont les pires événements cardio-vasculaires (infarctus ou AVC). En effet, ces derniers sont 2 à 3 fois plus élevés chez les diabétiques. Entre autres complications, la rétinopathie diabétique et la néphropathie diabétique.
Autres maladies des temps modernes qui sévissent lourdement au Sénégal, les néphropathies (maladies du rein quelle qu'en soit la cause) qui évoluent vers une insuffisance rénale et les cancers de toutes sortes.




D’où l’idée de développer une agriculture locale hors-sol, saine,

moderne, rentable et nécessitant peu d’espace.